Après la Hijra
Le premier état islamique
La rentrée du Prophète (SAW) et ses compagnons exilés avec lui à la ville de Médine était un évènement décisif en Islam: c'est la grande Hijra, c'est-à-dire l'exil volontaire pour l'amour de Dieu.
Les musulmans de Médine étaient conscients de la valeur de l'évènement et ils se disputèrent l'honneur d'acceuillir le Prophète (SAW) dans leurs maisons. Mais le Messager de Dieu (SAW) trancha rapidement les discutions en informant tous ses accueillant que sa chamelle, sous l'ordre de Dieu, va, elle-même, désigner son futur lieu de résidence provisoire. Et devant l'impatience de tous les accueillant, la chamelle s'arrêta devant l'un des Ansars appelé Abou Ayyoub qui eut l'honneur d'être l'hôte de la personnalité la plus digne de l'univers.
Après l'arrivée du prophète (SAW) à Médine, cette ville connut la paix pour la première fois depuis cent vingt ans pendant lesquelles ses deux grandes tribus: Les Aous et les Khazrejs s'entredéchiraient sans merci ; alors que les tribus juives voisines tiraient un grand profit et ne manquaient jamais d'attiser le feu de la guerre chaque fois qu'il commence à s'éteindre.
Ainsi, la Hijra pacifia les deux tribus de Médine et annula le rôle diabolique de leurs voisin juifs... Et chaque fois que l'unité des Ansar était menacée par un nouveau complot, le Messager de Dieu (SAW) intervenait pour ramener la paix.
Les musulmans immigrés à Médine devenaient de plus en plus nombreux et ils étaient généralement déshérités et démunis après la saisie de leurs biens par les idolâtres. Le Prophète (SAW) fraternisa ces nouveaux venus avec les Ansars avec les exilés pour l'amour de Dieu appelés Mouhajirines la première société musulmane fut établie pour concrétiser les aspects sociaux du message de l'islam.
La défense de l'Islam.
1. La bataille de Badr.
Pour protéger Médine contre toute incursion ou trahison, le Messager de Dieu (SAW) conclut rapidement des pactes et des traités avec les tribus vivant au voisinage de la cité musulmane.
Pour récupérer une partie des biens que les mécréants avaient saisis à la Mecque et pour réduire de l'autorité de la tribu de Qouraych parmi les Arabes, le Prophète (SAW) organisa des incursions contre les caravanes commerciales des têtes de l'idôlatries mecquoise.
C'était ainsi que le premier affrontement armé entre les musulmans et les idolâtres eut lieu aux alentours des puits de Badr, et ce fut alors la célèbre bataille de Badr qui avait donné aux musulmans une bonne réputation parmi les Arabes.
En effet, bien que le nombre et l'équipement des idolâtres dans cette bataille étaient trois fois supérieurs à celui des musulmans, la victoire du Prophète (SAW) et de ces adeptes fut écrasante et plusieurs grands chefs des idolâtres de la Mecque y trouvèrent la mort.
2. La bataille d'Ohod
Après sa défaite à Badr, Qouraych fut prise de fureur et de désir de vengeance. Son nouveau chef Abou Soufian commença aussitôt à organiser les préparatifs de la nouvelle bataille tout en interdisant les femmes de Qouraych de manifester les signes de deuil avant que la mort de leurs parents fût vengée. Abou Soufian voulait par ces restrictions raviver la rancune et attiser encore plus le feu de la colère de Qouraych.
D'un autre côté, les juifs de Médine furent très angoissés par la victoire des musulmans et ils essayèrent à tout prix de pousser la tribu de Qouraych vers sa revanche. Ainsi, l'un de leurs chefs appelé Kaâb Ibn El'Achraf qui était aussi un poète, fut envoyé à la Mecque pour réciter devant Qouraych des poêmes appelant à la vengeance.
Qouraych organisa alors une réunion à la maison des congrès pour discuter les modalités pratiques de la prochaine bataille. Ils décidèrent alors d'attaquer Médine et destinèrent pour cette fin un budget colossal et ils ne manquèrent pas de demander de renfort de la part de leurs alliés traditionnels.
L'armée des mécréants dépassa les trois mille guerriers. Ils étaient animés par une rancune profonde et aveuglés par le désir ardent de vengeance.
Lorsqu'ils avancèrent vers Médine en essayant de garder le secret autant que possible, la nouvelle de cette campagne parvint au Prophète (SAW) par une terre de son oncle 'Abbas qui demeurait à la Mecque et cachait son Islam.
Abou Soufian prit le commandement de la campagne, alors que la cavalerie de l'armée fut confié à Khaled Ibn Walid. Et alors que ces mécréants s'avançèrent vers Médine, les musulmans, avertis, tinrent une réunion générale dans la mosquée et décidèrent d'aller à la rencontre de l'ennemi en dehors de la ville.
Et lorsqu'ils se rassemblèrent, leur nombre était d'environ un millier dont le tiers ne tarda pas de manifester hypocrisie en rebroussant chemin juste avant le début des combats. Mais ceci n'avait pas altéré la volonté des musulmans qui s'impatientaient de mourir pour l'amour de Dieu. Le Prophète (SAW) s'avança alors avec ses fidèles à la rencontre d'un ennemi qui leur était quatre fois supérieur en nombre et en équipement.
Le Prophète (SAW) choisit de bonnes positions stratégiques aux pieds de la montagne d'Ohod, à la proximité de Médine.
La rencontre des deux armées fut le samedi 7 Chaoual de l'année 3 de l'hégire et les musulmans se trouvèrent alors entre la montagne et l'armée ennemie.
Pour parer toute attaque contre l'arrière de l'armée des musulmans, le Prophète (SAW) ordonna à une cinquantaine d'archers d'occuper une colline dominant la seule voie possible du danger.
Et vue l'importance stratégique de la position occupée par les archers, le Prophète (SAW) les somma catégoriquement de ne pas l'abandonner quel qu'en soit le prétexte.
Le premier affrontement entre les deux armées se solda par une défaite cinglante des mécréants qui s'empressèrent alors de fuir le champ de bataille et les musulmans se lancèrent à leur poursuite.
Les archers, observant le déroulement des combats du haut de la colline, crurent que la bataille fut terminée et qu'ils était de leur droit de descendre près de leurs frères combattants pour ramasser avec eux les butins laissés par les vaincus.
Mais Khaled Ibn Walid, chef de la cavalerie observait tout cela de loin et quand il vit l'arrière des musulmans découvert par l'abandon des archers de leurs position, il mena une attaque-surprise par cette voie, semant ainsi le désordre dans les rangs des musulmans et renversant le cours des combats.
La plupart des musulmans n'étaient pas à la hauteur de cette nouvelle épreuve, et croyant que le Prophète (SAW) fut tué dans l'attaque des cavaliers, ils se dispersèrent dans toutes les directions laissant une petite minorité de combattants courageux et fidèles qui résistèrent au choc et empéchèrent les mécréants d'atteindre le Prophète (SAW).
Dans cette phase décisive et dangereuse de la bataille, le fidèle 'Ali (AS) se distingua par sa défense héroïque du prophète et put enfin finir la bataille en sauvant la vie au petit nombre de défenseurs qui de ressemblèrent alors dans une position plus solide pour préparer une contre-attaque...
Quant les mécréants virent la possibilité d'une deuxième victoire des musulmans, ils abandonnèrent le champ de bataille, se réconfortant du grand nombre de musulmans qu'ils avaient pu tuer.
La bataille d'Ohod avait été une véritable leçon pour les musulmans; en effet, si les archers avaient obéi aux ordre du Prophète (SAW), le renversement des cours du combat n'aurait jamais eu lieu.
D'autres part, la fuite hâtive d'un grand nombre de musulmans et particulièrement de certaines personnalités bien connues des Mouhajirins qui crurent à le défaite au moment même où le Prophète (SAW) les appelait à résister, montre que l'amour de la vie était toujours maîtres des c?urs de la majorité des musulmans.
Tout cela montre que le corps de la jeune communauté musulmane souffrait de faiblesse sérieuse que seule une bataille de niveau aurait pu révéler à tout le monde et enregistrer pour l'histoire.
3. La bataille du fossé.
Le déroulement des évènement et la consolidation de plus en plus sensible de la société islamique de la religion de l'Islam étaient une source d'angoisse et d'inquiétude permanente chez les juifs de Médine qui essayèrent alors de rassembler toutes les forces de l'idôlatrie arabe sous l'égide de Qouraych pour une bataille finale contre les musulmans.
Leur effort n'était pas sans résultat et une alliance très large entre les tribus arabes mécréantes fut établie pour réunir enfin une grande armée de plus de douze mille guerriers... Et la marche vers Médine commença.
Des cavaliers de la tribu voisine de Khouza'âh portèrent la nouvelle de la campagne aux musulmans de Médine qui furent aussitôt convoqués par le Prophète pour une réunion générale afin de décider le stratégie de la défense de la cité.
L'avis de Salman Elfarisi qui consistait à creuser un fossé tout autour de la ville fut accepté à l'unanimité et le travail commença aussitôt.
Le grand fossé de douze kilomètre de longueur, de cinq mètres de profondeur et de six mètres de largeur, fur déjà achevé quand les troupes ennemis encerclèrent le ville.
les mécréants furent stupéfaits et ne surent quoi faire ni comment procéder puisque, non seulement ils se trouvèrent devant un fossé profond dont la traversée s'avérait périlleuse, mais derrière le fossé, il y avait des barricades abritant des archers au qui-vive!
En somme, la situation était très gênante pour les assaillant jusqu'alors trop confiants de leur victoire, vue leur supériorité numérique et matérielle.
Le siège de Médine dura encore quelques jours pendant lesquelles les musulmans souffrirent de toute sorte d'inquiétude et d'angoise, et durent non seulement surveiller le fossé, mais aussi, leurs frontières avec leurs anciens alliés qui les ont trahis: la tribu juive de Bani Qouraydha...
En effet, suite à la trahison de cette tribu et de sa rupture de son alliance avec le Prophète (saw), les musulmans ont dû réserver pas moins que cinq cents combattants pour surveiller ses traîtres et les empêcher de mener une attaque-surprise.
Les assiégeants essayèrent à maintes reprises de percer les défenses musulmanes et de pénétrer dans la cité, mais toutes ces tentatives échouèrent à l'exception d'une attaque menée par un cavalier de renommée in quiétante pour les musulmans : c'était Amr Ibn Abdouedd connu pour être le héros des Arabes et le cavalier invincibles de la Péninsule.
En effet, Amr en compagnie de cinq cavaliers put percer les premières lignes de défense musulmane, il s'arrêta au milieu du champ de bataille et demanda le duel en défiant tous les musulmans d'un air moqueur.
Les musulmans se regardèrent les uns les autres les plus courageux parmi eux n'osèrent pas relever le défi, non par crainte de la mort, mais de peur que leur défaite devant cet ennemi redoutable pourrait briser le moral des musulmans.
Une fois encore, Ali sauva la situation et releva le défi. Ce n'étaient que quelques instants et ce fut le soulagement général des musulmans lorsqu virent Amr trébucher sous le coup fatal d'Ali (as).
Les cinq autres mécréants prirent la fuite et Ali rattrapa l'un d'entre eux dans le fossé et le tua.
Ce duel releva sensiblement le moral des musulmans, alors que celui des mécréants commençait déjà à se dégrader surtout après l'échec de la tentative de pénétration des cavaliers de Khaled Ibn Walid et les rumeurs diffusées par des musulmans infiltrés parmi eux et selon lesquelles leurs alliés juifs auraient pactisé avec le Prophète (SAW).
Ceci durant, quelques autres tribus arabes alliées de Qouraych commencèrent à se demander s'ils avaient choisi le meilleur parti et acceptèrent l'offre du Prophète (SAW) de se retirer vers leur terre en contre partie du tiers de la récolte des dattes de Médine.
Mais la détermination d'Abou Soufian, le commandant général des alliés arabes, ne fut altérée que lorsque Dieu, Le Tout Hautn, intervint en envoyant sur aux des vents inhabituels que semèrent le trouble et l'angoise parmi les mécréants.
Et, voyant que toutes les conditions humaines et naturelles ne pouvaient plus permettre la poursuite du siège, Abou Soufian lança l'ordre de retraite et ce fut alors la fin de la plus dure épreuve qui avait menacé l'existence de la première entité Islamique de l'histoire.